Pourrinetia - Japon : Derrière le rideau de fleurs médiatique

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23032011

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Pourrinetia - Japon : Derrière le rideau de fleurs médiatique




L'insoutenable légèreté de l'être

"Le 21 septembre 1945 je suis mort". Le jour de sa mort, de malnutrition dans une gare des environs de Kobe, le fantôme du jeune Seita est rapidement rejoint par celui de sa sœur Setsuko, décédée un mois auparavant. Il a quatorze ans, elle en a quatre. Ce dessin animé est l'histoire de leur agonie jusqu'à son terme dans le Japon ravagé de l'immédiate après-guerre mondiale.

Je vous conseille de le voir sans être dérangé, ... vous pourrez me raconter ici ensuite.
Le Japon de 2011 me semble comparable, Internet en plus.

Internet, en plus du tsunami médiatico-sensationnel focalisé sur la prévisible catastrophe nucléaire du centre de Fukushima, 6 centrales malencontreusement construites en face de l'épicentre de ce séisme (de magnitude 8.9 ou 9 selon les sources) ayant généré le tsunami pour lequel le nombre des morts et disparus dépasse aujourd'hui les 23.000 humains, nous rend compte discrètement maintenant de l'état réel des zones dévastées.

L'impact du Tsunami est à présent visible sous Google Earth, comme le présente le site www.autourduweb.fr, il est considérable. Les 23.000 morts et disparus officiels le laissent parfaitement comprendre.

Oui, il reste des vivants survivant dans la boue, le gel et les décombres maintenant radioactives du nord du Japon.
La vie continue, comme elle le peut et elle peut peu.


Les popoti s'y adaptent aussi : Une vidéo semble actuellement faire un certain buzz via mails, feces bock, etc. C'est celle-ci.
Je ne sais pas lire le japonais et ma reconnaissance serait grande envers quiconque me donnerait la traduction des commentaires incrustés dans cette vidéo que je vais vous couper en rondelles ci-après.

Tout d'abord situons les choses. Ceci se passe dans feue la commune d'Arahama sur le rivage du Pacifique aux abords immédiats de la grande ville de Sendaï :



Arahama n'existe plus aujourd'hui comme le montre le plan d'ensemble qui ouvre la vidéo et, surtout, les images Google Earth sur le site que je vous indiquais au début :

avant


et maintenant ...

La vidéo saucissonnée donc, regardez attentivement et réfléchissez :

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Je ne sais pas lire le japonais et ma reconnaissance serait grande envers quiconque me donnerait la traduction des commentaires.

Vu ?
Bon, maintenant de plus près.

D'abord le titre, en français : "Suprême loyauté : Un chien refuse d'abandonner son ami blessé à côté"
Un titre parfait pour faire pleurer Margot dans sa chaumière. Pourquoi ? Pour le $coop ? ...

Ensuite, un petit retour sur les photos 4 et 5.
Regardez bien.
Alors ? Rien ?

La 4 :
Notez que c'est le seul plan de toute la séquence où l'on peut voir ce qui se passe à droite des deux chiens perdus.
Pourquoi ?

Je zoome un peu à cet endroit :
Bon, c'est pas mal flou à cause de la résolution très rudimentaire imposée par Internet mais je m'interroge :
  • * La masse noire ressemble à un chien couché en rond, tête tournée vers les deux autres.
  • * Devant elle, très flou, on dirait bien un chiot épuisé qui relève la tête vers la caméra.
  • * A leur droite ça ressemble à un cadavre de chien commençant à gonfler, vu par l'arrière, une patte "suspendue dans le vide" et légèrement repliée vers le noir.
Un hasard permettant une double interprétation (chien ou décombre), ok, le doute reste entier, mais 3 "hasards" ??

La 5 :
C'est un plan d'ensemble qui montre bien que l'endroit est un ilot, un refuge un peu moins trempé dans ce marécage de décombres.
Par conséquent il doit attirer à lui ce qui est encore à peu près vivant et terrestre dans le coin.

Donc ces deux chiens n'ont pas le choix de l'endroit, comme les peut-être trois d'à côté.
Donc il ne s'agit pas d'un "exemplaire refus d'abandonner" mais d'un "pas le choix".
De plus, la 17 montre clairement que ces deux chiens-là ont exactement le même collier. Par conséquent ils devaient avoir le même maître, ils se connaissent, ils sont "de la même bande", complètement paumés dans ce désastre et, par réflexe atavique, restent ensemble en attendant que leur maître vraisemblablement mort vienne les sortir de là.

Raconter les faits sans y mettre une telle dose d'anthropomorphisme et de mensonge aurait certainement eu un impact très voisin mais pas aussi spectaculaire.
Cette vidéo présente toutes les caractéristiques d'une arnaque exploitant une misère réelle pour des raisons qui semblent se résumer à "l'audience", $$.

Oui, la vie continue au Nord du Japon.

Voici ce qu'en dit Meritt Clifton, une journaliste de l'un des plus grands mensuels de protection animale des USA, Animal People :
My present understanding, subject to updates & corrections from the scene, is that there is no functioning shelter at the present time of any kind within the vicinities of Fukushima, Sendai, and Miyagi -- and may not be any surviving shelter personnel, either.

This sets up a big problem for disaster relief agencies as they work in the stricken areas: if they encounter surviving animals, what do they do?

Beyond all other considerations, with the current critical shortage of gasoline, none of the human disaster relief agencies have the transportation available to haul animals the considerable distance to wherever the nearest shelters are.

In some instances they may be able to ferry animals out on their way back to their temporary bases of operation to resupply, but as a general rule, helping animals will be outside their mandate, their capabilities, and their experience.

Japan does not have established disaster relief protocols for animal rescue, such as have been developed here in the U.S. since Hurricane Andrew hit Florida in 1992 and have been mandated by federal law since shortly after Hurricane Katrina in 1995 -- 58 years after then-Humane Society of Missouri president Eric Hansen recommended in 1937 that they were urgently needed.

Japanese animal rescue capacity generally lags far behind that of most other developed nations, and for that matter, far behind that of India, Thailand, perhaps even China, Taiwan, and South Korea. As energetically as the tiny Japanese nonprofit animal rescue organizations work, they are not well-known to other disaster relief agencies, and do not have the established capacity to handle an influx of the probable magnitude of the present.

Neither can even the best nonprofit animal rescue agencies in Japan be expected to have the capacity to deal with radioactive animals, who almost certainly will turn up around Fukushima, based on the Three Mile Island and Chernobyl experiences.

Under the circumstances, it is probably inevitable that large numbers of animals who survived the Japanese disasters will be killed, because the people who find them or receive them from human relief agencies working at the scene will feel they have no choice: nowhere to put animals, no way to feed the animals when food for anyone is increasingly scarce, and no help agencies known to them to turn toward.

At the best of times Japanese animal control shelters give impounded animals 72 hours. This is all they get in much of the developed world. Five working days is the standard recommended (but not mandated) by the U.S. federal Animal Welfare Act (unless the animals are going to be sold to laboratories, in which case they must he held for five working days.)

Under the present circumstances, it will not be surprising if animal control agencies at the periphery of the disaster are feel that they cannot provide even a 72-hour hold, because they simply lack the resources to do it.

Radioactive animals will almost certainly be killed as soon as the radioactivity is detected.

None of this means that anyone is a moral degenerate. It just means that disasters are called disasters because they encompass a catastrophic breakdown of everything resembling optimum and even acceptably normal standards -- for everyone. Everyone is cold, wet, hungry, frustrated, and if not actually homeless and out of work,
at least hugely inconvenienced. Some humans as well as animals are reportedly dying of post-disaster deprivation.
Étant assez flemmard de naissance, je ne vous traduit que le dernier paragraphe :

Rien dans tout ceci ne signifie que tous sont des dégénérés moraux. Ça signifie seulement qu'on appelle désastre les désastres parce qu'ils englobent la catastrophique destruction de tout ce qui peut ressembler à un mieux ou même à un simplement normal -- pour chacun. Tout le monde a froid, a faim, est frustré et quand il n'est pas sans toit et sans travail il en est au minimum très hautement perturbé. On relève des humains et des animaux morts des privations consécutives au désastre.

Oui, la vie continue même dans le froid, la boue, la pluie glacée, les routes en vrac, les maisons en tas de gravas et les médias qui regardent uniquement ce nuage radioactif presque indétectable une fois ailleurs.

La vie continue et, comme pour Haiti, comme pour l'Indonésie, la pompe à fric pour popoti se met en place. Donnez, donnez, il m'en restera toujours quelque chose. Quoi le Kosovo de Punaauia, quoi ? Mais oui, pendant ce temps-là, ici, on pense à eux, de la manière la plus confortable qui soit :


Le Japon est shintoïste ...

Le Bushido est tombé en désuétude, il n'a pas franchi les rivages japonais.
Le Bushido est la voie du samouraï.
Contrairement à la bible qui s'axe principalement sur les 7 péchés capitaux, le Bushido s'appuie sur 7 valeurs fondamentales po-si-tives :
Droiture
Courage
Bienveillance
Respect
Honnêteté
Honneur
Loyauté
Il faut croire que les nambans ont oublié jusqu'au vrai sens de ces mots, ceux du centre du Pacifique comme les autres.

Veuillez avoir l'obligeance de mourir atrocement un peu plus dans le champ de la caméra, s'il vous plait, sinon vous mourrez ignoré et moi moins riche ...

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Mimi mato

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Message le Mer 23 Mar - 9:42:21 par Mimi mato

Le 22 mars à 22:07 :
Current reports from northern Japan indication that about 510,000 people are known to be displaced at present, in addition to the estimated 21,000 human dead.

In view of the new information, which indicates more than twice as many deaths as the best information available a week ago, it appears we can expect:

# A minimum of about 42,000 pet dogs and about 45,000 cats, both pets and ferals, will have been killed.

# A minimum of about 250,000 dogs, 320,000 pet cats, and about 10,000 feral cats may be in need of food & water aid (if still in custody of their people) and rescue (if at large).

# About half of the dogs, if at large, will be identifiable.

# Many of the animals whom I am projecting as in probable need of food & water aid may also be dead, but at present there is no way to know.

# Horses, dairy cattle, poultry, and pigs are also known to have been killed, with others in need, but I have no basis from which to project the numbers of these species.

--
Merritt Clifton
Editor, ANIMAL PEOPLE
P.O. Box 960
Clinton, WA 98236

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Message le Mer 23 Mar - 18:43:55 par Substance

Le Kosovo de Punaauia, ça devient quoi?

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Message le Mer 23 Mar - 22:25:35 par Mimi mato

Aucune nouvelle depuis des mois, j'habite du mauvais côté.
On n'entend plus parler de Fraternosc & alliés aussi.
La mode est passée sans doute.

Les médias aboient, la mode passe et les pauvres restent.

Croissez et multipliez est le message politique le plus voyant de ces dernières années en ce domaine.

Je suppose que les milices officieuses (ex-GIP) y sont toujours à l'œuvre.
Je sais que Lili Oop a quitté notre "charmant" pays il y a quelques mois.
Un pauvre est destiné à souffrir et mourir dans l'ombre de ces milices de quartier à la solde des politiques locaux.

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Message le Jeu 24 Mar - 0:00:09 par Mimi mato

Pour ceux qui y ont accès et qui sont fan de Google Earth, ceci est un kml (les initiés comprennent) de la cellule de crise de Google Earth qui permet de superposer des vues post-tsunami (prises autour du 13 mars) des zones ravagées :

http://mw1.google.com/crisisresponse/2011/japan_earthquake_2011/earthquake/google/Japan_earthquake2011_nl.kml

Fichier à télécharger puis à ouvrir dans le logiciel Google Earth.

Il s'agit d'un répertoire de vues aériennes, les photos sont téléchargées au coup par coup par l'utilisateur, ce sont celles des lieux cochés par lui dans l'arborescence proposée. Elles sont remplacées par d'autres plus précises au fur et à mesure qu'il zoome en avant à l'intérieur.

Regardez un peu, c'est très parlant mais n'en abusez pas trop car il s'agit de données au départ mises à disposition pour les équipes de secours, il ne faudrait pas encombrer ces serveurs à saturation ...

Regardez quand même (cochez-décochez) pour vous faire une idée du "nettoyage" effectué par le tsunami.

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